Kiai

Le Kiai, voilà une notion bien mal connue. Pour les non-initiés, c'est le cri qui tue. Il est vrai que le cinéma nous a habitué à des démonstations aussi ridicules que peu vraisemblables. Pour beaucoup de pratiquants, il est encore trop souvent synonyme de cri. Cette méconnaissance n'échappe pas à certains examinateurs de passages de grades. Résultat : on confond présentation technique et démonstration de (pseudo) force.

Une mise au point s'impose : si on se référe à l'analyse étymologique du terme, Kiai n'indique pas du tout un cri.

Kiai se décompose de Ki (énergie) et Iai (union, unir). Donc, kiai signifie l'union des énergies. Ces énergies, quelles sont-elles ?

Physique : musculaire et physiologique.

Cinétique : force créée par le déplacement d'un membre et du corps.

Vitale : Le Ki proprement dit, dont la source est située dans le Tanden (sous le nombril). C'est en quelque sorte une force psycho-physiologique.

Mentale : détermination, Kime.

Le Kiai exprime ainsi la libération extrême de l'énergie.


Comment se manifeste le Kiai ?

- Par le son : l'expiration (souffle) extrême provoquée par la focalisation des énergies, depuis le Tanden, remonte vers la gorge et fait vibrer les cordes vocales. C'est le Kensei.

- Par le regard : le regard se charge d'une grande intensité émotionnelle.

- Réaction interne : Seuls les effets sont visibles comme dans le Tai Chi Chuan ou le Qi Gong : transpiration sans effort physique, enracinement, résistance aux coups et à la douleur.

C'est une véritable stimulation qui accompagne la contraction abdominale à l'origine de chaque action. Il se poursuit jusqu'à la fin de l'attaque avec une expiration forcée.

Résultat de la maîtrise conjointe de l'esprit et de la respiration, il vise en outre à inhiber l'adversaire, à créer en lui un bref temps de flottement intérieur, durant lequel il sera vulnérable parce que dominé et incapable de réagir.

Le Kiai, n'est pas l'apanage des pratiquants d'arts martiaux. Ainsi, dans certains sports on en retrouve une forme. Par exemple, en tennis, au moment du service, beaucoup de joueurs accompagnent leur coup d'un son bref.

Vous découvrirez vous-même que dans la vie courante, le Kiai se manifeste en de multiples occasions, souvent de la façon la plus inattentue.