Ken Zen Ichinyo

Kanji de: Kenzen Ichinyo

Le corps et l’esprit sont une seule et même chose.

Une des principales caractéristiques du Shorinji Kempo est résumée dans la maxime : le corps et l’esprit sont une seule et même chose (Ken Zen Ichinyo). Ce principe exprime le fait qu’on ne doive privilégier ni l’aspect physique ni l’aspect spirituel, mais plutôt qu’il faut entraîner et nourrir à la fois le corps et l’esprit.

Lorsque le corps est faible, l’esprit a tendance à plier, et quelle que soit la force d’un esprit, cela n’empêchera pas le corps de sombrer dans la faiblesse et la maladie. Puisque le corps et l’esprit sont inséparables, il ne faut pas envisager l’entraînement de l’un ou l’autre mais l’entraînement des deux, comme une seule et même entité.

Ken Zen Ichinyo n’est pas seulement une affaire de corps et d’esprit, mais plutôt un concept dont la signification s’étend aux relations même entre intention et action. Le Zen est une affaire d’esprit et de cœur. Néanmoins, toute chose est fondé sur l’existence du corps.

So Doshin connaissait le prêtre d’un temple, et chaque année, l’hiver venu, le prêtre conduisait ses fidèles dans la montagne, pour pratiquer la méditation sous l’eau glaciale d’une cascade. Chaque année en revenant de la cascade, le prêtre passait plusieurs jours alité. Un jour, So Doshin, alla parler au prêtre encore alité, qui lui expliqua ceci:

Vis à vis de mes fidèles je n’ai pas le choix, je dois y aller et rester sous cette cascade mais, après tout, je me fais vieux et s’en est plus que mon corps ne peut le supporter. Je suis redescendu avec des douleurs, et je ne peux toujours pas me déplacer convenablement actuellement.

A la fin de sa vie So Doshin souffrait de problèmes cardiaques qui le poursuivait depuis sa jeunesse, et il soutenait qu’on ne peut dépendre uniquement de la force morale:

Vous m’avez entendu dire que j’ai taché de surmonter mes problèmes de cœur par ma force spirituelle. Mais ma force spirituelle réside dans les sentiments et l’attitude que j’affiche face à cette maladie incurable. Je ne soutiens pas l’idée que la discipline de l’esprit peut tout.

Naturellement, on peut se demander s’il insistait spécialement sur l’entraînement physique: Lorsque vous utilisez le Shorinji Kempo pour exhiber votre force, alors votre entraînement physique n’a aucune valeur.

Comme cette assertion le révèle, il était contre le fait d’afficher ses prouesses ou d’évaluer des performances, et il était tout spécialement opposé à orienter l’entraînement physique pour de tels objectifs. En somme, il était formellement contre toute forme de surentraînement aussi bien physique que spirituel. Plus encore, So Doshin étendait l’enseignement de Ken Zen Ichinyo au-delà des aspects physique et spirituel, jusque dans l’intention et l’action:

Si vous pensez ou ressentez quelque chose, cela n’est pas suffisant. Si cela ne ressort pas dans vos actions, cela n’a aucune signification ; mais lorsque vos actions vivent en vous-même, alors la pensée commence à devenir une force.

En fondant le Shorinji Kempo So Doshin avait un but, former des personnes qui pourraient agir tout en ayant une réflexion.

Foi et croyances, qui ne ressortent pas dans les actes sont sans signification. Si vous estimez que quelque chose est bien, faites-le. Si vous pensez que quelque chose est mauvais, ne le faites pas.

Cela signifie que la manière de vivre Shorinji Kempo est de maintenir l’esprit et le corps comme une seule entité, et si nous pensons à quelque chose il faut le faire.
Voilà ce qu’est Ken Zen Ichinyo.